LA STÈLE DU BOIS LEBRAULT.

LA STÈLE DU BOIS LEBRAULT.

La stèle du bois LEBRAULT.

 

  Peut-être passez-vous à côté de ce petit monument sans y prêter attention. Pourquoi une stèle est-elle implantée à cet endroit? 

  Cette stèle est érigée en ce lieu en mémoire de deux résistants Raymond DU ROSIER et Louis JOURDAIN tombés sous les balles de la police collaborationniste du régime de PETAIN. Ces deux hommes n’ont jamais résidé dans notre commune mais leur jeune vie s’est arrêtée là, lors d’une mission pour la résistance française!

  C’est Jean-Pierre PETRAULT, agriculteur dans la commune et féru de cette période de l’histoire qui, en 2003, relayé par la famille des défunts  a souhaité que le pan de notre histoire soit inscrit dans la mémoire collective. Mr BURGAUD Pierre,maire , et le conseil municipal ont accepté à l’unanimité  que soit érigée une stèle dans les bois. Ce fut possible grâce à Mr MEDEAU René qui accepta généreusement de donner une partie de son bien à  la commune pour y installer ce monument.  La Stèle fut posée le 30 Avril 2005 à l’endroit où elle se trouve actuellement et depuis tous les ans, une cérémonie commémorative a lieu le 25 juillet en ce lieu. Cette cérémonie est organisée conjointement par la commune et L’ANACR, Association Nationale des anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance , comité de Sauzé-Vaussais. 

 

Ci-joint plusieurs liens donnant des informations sur ce fait tragique, vous avez la possibilité de consulter ces sites en intégralité.

http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article149205

 

http://combattantsdumellois.fr/GOURNAY%20LES%20FUSILLES%20DU%20BOIS%20LEVRAULT.html

 

                                                                            CÉRÉMONIE DU 25 JUILLET 2019

Avec l’aimable autorisation de Mr GADIOUX président de L’ANACR , nous retranscrivons en intégralité le discours prononcé par celui-ci lors de la cérémonie du 25 juillet 2019.

                                                                               DISCOURS GOURNAY 2019

 

Mr le député suppléant de notre circonscription Mr Jean Luc DRAPEAU

Mme la conseillère départementale Mme Colette BALLAND

Mr le président de la communauté de commune Mellois en Poitou Mr Fabrice MICHELET

Mesdames Messieurs les élus

Mr les représentants des associations d’anciens combattants

Mrs les anciens résistants

Mr le président du comité du Souvenir Français Mellois en Poitou. Commandant Claude PIERRE

Mrs les porte drapeaux

Mesdames Messieurs

Sont excusés

Mme Delphine BATHO retenue par ses fonctions, remplacée par Mr Jean Luc DRAPEAU

Mme SAVARIT Directrice de l’ONAC

Mr Michel EPRINCHARD Maire de Sauzé-Vaussais

Mr RENAUD Président de la FNACA de Melleran

Mr Claude MORILLON président d’honneur de l’association des professeurs d’histoire géographie du Poitou Charentes.

  Tout d’abord, merci à toutes et à tous de votre présence, afin de pouvoir honorer la mémoire de ces deux résistants, et tout cela malgré les conditions météo désagréables.

                                                        76 années nous séparent de cette matinée du 25 juillet 1943.

                                                                           Une matinée ou tout semblait paisible.

  Il est 10 heures du matin, deux cyclistes empruntant la départementale en direction de Gournay traversaient la forêt ou nous sommes aujourd’hui.

   Soudain, à quelques mètres d’ici, une fusillade éclate, deux hommes s’écroulent, le corps criblé de balles, ils viennent d’être assassinés par cinq policiers Français, appartenant au service des affaires politiques de Poitiers.

                                        Ils s’agissaient de Louis JOURDAIN 20 ans et de Raymond DU ROSIER 24 ans

   Chaque année à la date anniversaire de cette tragédie, le comité ANACR de Sauzé-Vaussais , en partenariat avec la municipalité d’Alloinay, organisent une cérémonie en hommage à ces deux victimes. Victime de l’occupation Nazie. Victime de la collaboration Française.

         Louis JOURDAIN né le 12 Avril 1922 à Rouen, ouvrier agricole, domicilié au Vanneau ou est installé son père, lui-même réfugié des Ardennes. Il entre dans la résistance communiste du Marais en novembre 1942.

         Raymond DU ROSIER né le 24 Avril 1919 à Souché, fils d’un père cultivateur il va exercer le métier de cuisinier. Il s’engage dès 1941 avec son frère Emmanuel dans le réseau de résistance du Marais.

  En contact avec le colonel Henri Rol TANGUY, responsable de l’inter région Poitou Anjou il va fédérer avec ses camarades le réseau de résistance du sud Deux Sèvres.

  Leurs actions sont audacieuses, ils distribuent des tracts.

  Ils cambriolent la mairie de Vouillé et de Biard pour s’emparer de tickets d’alimentation, et de fausses cartes d’identités, nécessaires aux clandestins.

  Ils vont détruire le poste d’observation de Saint Martin du Fouilloux.

  Ils vont incendier les parcs à fourrage de Beauvoir sur Niort, de Brioux sur Boutonne, dans le but bien sûr de désorganiser l’occupant.

  Juillet 1943 les Allemands occupent intensément notre région, la collaboration Française est à son apogée, les dénonciations sont nombreuses, et les arrestations s’enchaînent.

  Sous les effets de la torture pratiquée sur les victimes, le commissaire Rousselet va recueillir suffisamment d’informations pour préparer le guet-apens dans lequel

                                                            Louis JOURDAIN et Raymond DU ROSIER sont tombés.

  Emmanuel DU ROSIER, le frère de Raymond est arrêté en Février 1943, et conduit à la prison de la Pierre Levée de Poitiers. Par chance son jugement, détourné et adoucie par le magistrat résistant Sylvain DEBENEST lui évita le pire.

  Ayant récupéré des lames de scie, cachées dans un morceau de pain il scia les barreaux de sa cellule, et s’évada le 2 Mai 1943.

  Il fut le seul évadé de la prison de la Pierre Levée pendant toute la période d’occupation.

  Nous pouvons imaginer le tempérament et le courage des frères DU ROSIER

  Ce matin du 25 Juillet les coups de feu vont raisonner et déchirer le silence jusqu’au village de Gournay, les habitants sont inquiets mais par peur de représailles vont continuer de vaquer à leurs occupations.

  L’événement est de taille, la propagande anticommuniste véhiculée par la presse collaboratrice <Ouest Eclair> va titrer (le bandit DU ROSIER a fini de nuire)

  L’information est percutante et dissuasive, la résistance est touchée, en revanche l’action policière s’en trouve grandie.

  Mais ce drame ne va pas anéantir le combat résistant engagé par Louis et Raymond d’autres vont sortir de l’ombre, et constituer une force suffisante, qui avec les alliés vont mettre à genou le 8 Mai 1945 l’Allemagne Nazie.

  Le vent a tourné.

  La république reprend ses droits, les Français retrouve la liberté, le conseil national de la résistance se met en place, et chacun se trouve face à sa conscience, les proches des victimes crient vengeance.

  Nous ne devons pas oublier que les auteurs de ces crimes se sont engagés volontairement dans la section des affaires politiques de notre région, mis en place par le gouvernement de Vichy en Juillet 1942. La section de Poitiers est dirigée par le commissaire Rousselet, avec sous ses ordres une vingtaine d’inspecteurs.

  Mais permettez-moi de m’attarder quelque peu sur la personnalité de ce commissaire

 

  Bernard ROUSSELET est né en 1917, il exerce le métier d’instituteur. Un métier qu’il abandonne pour rentrer dans la police par conviction politique anti-communiste, par gout des affaires criminelles, et par intérêt financier.

  Son bilan est sans équivoques, 475 Français sont arrêtés dans notre région, une centaine serra fusillée, et deux à trois cents seront déportés. La plus grande partie de ces derniers ne sont pas revenus.

  En Août 1944 ROUSSELET apprend que sa tête est mise à prix par les maquis de la vienne. Il s’enfuie, et trouve refuge dans un maquis de Rochefort.Puis il va travailler pour les services de contre-espionnage Britannique et Américain, qui l’emploient pour capturer des miliciens, c’est-à-dire ses amis d’hier.

  En Août 1945 dix de ses inspecteurs sont arrêtés, jugés par la cour de Poitiers, cinq d’entre eux sont condamnés à mort, mais ROUSSELET, protégé par les services secrets des alliés court toujours.

   En Mai 1946 il est enfin arrêté, il est condamné à mort, il serra fusillé au camp de Biard.

  Ainsi s’achève le parcours de ce triste personnage.

 

  Mesdames Messieurs, cette page d’histoire, aussi complexe soit elle, ne doit pas être méconnue, reste à nous de la transmettre, elle doit nous éclairer, elle doit être un guide pour le temps présent, et un appel pour l’avenir.

 

                                                                                            N’oublions pas

                                        Des ombres de Bernard ROUSSELET planent encore aujourd’hui sur notre actualité.

                                            Vous trouverez ci-dessous des photos de la cérémonie du 25 juillet 2019.

                                                                            (cliquez sur la photo pour faire défiler)

 

CÉRÉMONIE DU 25 JUILLET 2018

 

  Avec l’aimable autorisation de Mr GADIOUX président de L’ANACR , nous retranscrivons en intégralité le discours prononcé par celui-ci lors de la cérémonie du 25 juillet 2018.

 

DISCOURS GOURNAY 2018

 

Mesdames- Messieurs- Chers amis

 

Tout d’abord je tiens à remercier la municipalité d’Alloinay, de son maire Mr CHARTIER

de son maire adjoint Mr BURGAUD, qui par le passé fut suffisamment convaincants auprès

de ses administrés, pour que soit implantée en ce lieu une stèle.

Une stèle où sont inscrit deux noms   Louis JOURDAIN et Raymond DU ROSIER

résistants sauvagement abattus par la police Française de l’époque,

la funeste SAP de Poitiers (Service des Affaires Politiques).

Je veux honorer également la volonté et la détermination de Mme Jeanne ARANDA

(sœur de Raymond DU ROSIER) et de Mr Jean-Pierre PETRAULT, soucieux tous les deux

de retirer du silence la vérité historique de cet événement.

  Mr PETRAULT est absent aujourd’hui pour cause de santé nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Merci également à vous toutes et à vous tous, par votre présence, vous nous apportez la preuve

que nous partageons les mêmes sentiments et les mêmes valeurs.

 

Après ce drame 75 années se sont écoulées, mais le souvenir est resté, et au risque d’être répétitif

nous devons rappeler chaque année le combat mené par ces deux martyrs de la résistance.

 Résistants de la première heure, militants communistes, contraints à la clandestinité

Ils vont lutter contre l’occupant Nazie, contre l’injustice, l’intolérance, et toutes les contraintes

infligées par le gouvernement collaborateur de Vichy.

Raymond DU ROSIER domicilié à Niort et Louis JOURDAIN à Arçais dans le marais Poitevin

vont participer à l’organisation de la résistance.

Ils vont rencontrer Eugène BARREAU résistant, instituteur à Irleau, dont la fille Anne

nous fait l’honneur d’être parmi nous chaque année.

Ils vont rencontrer également Jean BERNIER et Stephan KUCHARIK pris en charge par

la famille RIVAUD, l’un est logé à Mairé l’évescault travaillant à la scierie NIVET, l’autre

à Limalonges, travaillant à la scierie CLUZEAU

 

Sous l’impulsion de Rols TANGUY responsable FTP de l’inter région Poitou Angers

ils vont constituer un embryon de maquis dans le Sauzéen.

Ils vont mener des actions audacieuses et dangereuses, ils cambriolent la mairie de Biard

et de Vouillé, à la recherche de tickets d’alimentation, de fausses cartes d’identité.

Ils détruisent le poste d’alimentation de St. Martin du Fouilloux, incendient les parcs à fourrages

de Beauvoir sur Niort et de Brioux, le seul but étant bien sur de déstabiliser l’occupant.

 

 Hélas le 20 juillet 1943 Stephan KUCHARIK est arrêté par la gendarmerie de la Mothe Saint Heraye.

Il est remis au commissaire Rousselet qui l’interroge et le torture.

Les conséquences sont tragiques et le 25 juillet à 10 heures du matin une rencontre est prévue

avec Jean BERNIER dans les bois de la Chevrelière. Raymond et Louis s’y rendent à bicyclette.

Le piège est tendu, cinq policiers du commissaire Rousselet ainsi qu’un policier Allemand

sont embusqués, et l’un d’eux simulant l’action d’un cantonnier avec son râteau bouscule au passage

Louis JOURDAIN qui tombe à terre.

 Armé d’un pistolet il dégaine, mais une rafale de mitraillette le clou à terre.

Raymond DU ROSIER subit le même sort, touché par 24 impacts de balles.

Jean BERNIER est arrêté le matin même à Mairé Levescault, et avec Stephan KUCHARIK

ils tomberont sous les balles du peloton d’exécution à Biard. Le réseau de résistance est décimé.

Ils sont tombés, l’écho de la fusillade a bouleversé les habitants du bourg, mais par peur

des représailles chacun continue de vaquer à ses occupations.

La presse collaboratrice <Ouest Eclair> s’empare de l’évènement et titre

Le bandit DU ROSIER à fini de nuire, l’action policière s’en trouve grandie.

 

L’effet dissuasif de ce drame ne va pas anéantir pour autant le combat résistant engagé

par Raymond et Louis, d’autres, vont sortir de l’ombre et constituer une force suffisante

qui avec l’aide des alliés va libérer le pays, et le 8 mai 1945, l’Allemagne Nazie capitule.

L’histoire peu à peu remet les événements à leur juste place, certains maîtres d’hier

ne sont plus que valets, la république reprend ses droits, le vent a tourné

Les membres de la SAP sont activement recherchés, puis arrêtés et jugés.

Sept sont condamnés à mort et fusillés à Biard dont l’ignoble commissaire Rousselet.

 

Ces deux noms gravés sur cette stèle, c’est à la fois un hommage aux individus

qui ont donné leur vie pour une noble cause, c’est aussi reconnaître le sens d’un combat

qui les a dépassés et par là même, reconnaître que leur existence, si courte fut elle, a eu un sens.

 

Aujourd’hui encore la paix reste un combat, nous avons le devoir de penser à eux.

De leur engagement, de leur lutte, sachons en être digne

et transmettre à la jeunesse, est bien le plus beau lègue que nous pouvons lui donner.

 

 

 

Ci-joint plusieurs liens donnant des informations sur ce fait tragique, vous avez la possibilité de consulter ces sites en intégralité.

http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article149205

 

http://combattantsdumellois.fr/GOURNAY%20LES%20FUSILLES%20DU%20BOIS%20LEVRAULT.html